Chemin Bruniquel, St Gilles-les-bains – La Réunion
Il y a des mares permanentes, d’autres temporaires et d’autres encore éphémères, ces dernières sont celles où la vie s’organise sans savoir qu’elle disparaitra aussi vite qu’elle est apparue. Chemin Bruniquel à St Gilles les Bains je suis tombé sur cette petite mare qui s’était formée après le passage du cyclone Belal mi-janvier 2024, on était déjà le premier février et la mare avait déjà 15 jours, la colonisation avait commencé. Le cyclone Belal a frappé la Réunion de plein fouet par la côte est, la pluviométrie moyenne fut de 502 mm et même si la côte ouest fut moins impactée il a plu suffisamment pour créer et remplir toutes sortes de mares. Quand j’ai découvert la mare du chemin Bruniquel elle ne faisait plus que 400 m2 environ avec une faible profondeur et une eau très claire, et toute une population d’odonates volait dans tous les sens. La colonisation fut facilitée par la présence du canal de gestion des eaux pluviales situé à quelques dizaines de mètres de la mare.
En arrivant ce qui attire l’attention c’est le ballet des Pantala flavescens et des Tramea limbata en tandem, sans oublier les Diplacodes lefebvrii. Chez les Pantala flavescens la reproduction bat son plein.
Sur cette mare j’aurai pu voir en nombre Pantala flavescens copuler et pondre.
Une nouvelle observation de la plus grande libellule de La Réunion, Anax tristis loin de ses bases : en fait 2 mâles qui se sont affrontés quelques instants et puis un seul qui a affirmé son autorité sur la mare.
Un Anax imperator mâle a été observé le plus souvent perché qu’en vol, la présence de l’Anax tristis y étant peut-être pour quelque chose.
Un mâle d’Anax ephippiger a été vu juste un cours instant.
Et la star du moment que je verrais deux fois seulement et qu’à ce jour je n’ai pas encore revu, un mâle Anax guttatus et qui sera la première mention de l’espèce à la Réunion.
Enfin quelques Tramea limbata en solo et en tandem.
Dilacodes lefebvrii sera la seule libellule de petite taille qui sera observée mais ils étaient en nombre et agités.
Enfin en petit nombre et présents sur les bords de la mare deux demoiselles : Ceriagrion glabrum et Ischnura senegalensis.
Au total ce seront pas moins de 9 espèces qui auront adopté cette mare
Cette mare est vraiment éphémère le 19 février 2024 elle était à sec, elle aura vécu un peu plus d’un mois et pendant ce mois tout un petit monde d’odonates y a vécu et à même tenté de s’y reproduire.
En 2025 après le passage du cyclone Garance la mare avait retrouvé de sa superbe mais la colonisation était faible, seules les Pantala flavescens et quelques Diplacodes lefebvrii y évoluaient.
En 2026 j’y suis repassé. La mare a disparu, elle sert de dépôt de baraques de chantier et de parking d’engins de terrassement pour la réfection du canal des eaux pluviales de St Gilles-les-bains. Après les travaux peut être la reverrons-nous mais elle sera toujours une mare éphémère.
Michel Yerokine, reportage et © photos (tous droits réservés) – mise en ligne le 17 avril 2026














